« car la miséricorde d'Allah est proche des bienfaisants ».
Louange à Allah, nous le louons, l’implorons et
demandons son aide et sa protection contre le mal de nos âmes et nos
mauvaises actions. Je témoigne qu’il n y a de divinité qu’Allah, seul sans
associé, et que notre guide et bien aimé Mohammad صلى الله
عليه وسلم , est son prophète et
messager, envoyé comme clémence et miséricorde à toute l’humanité. Paix et
salut sur lui, sur ses nobles épouses et ses nobles compagnons ainsi que sur
ceux qui suivent sa sounnah, jusqu’à la fin des temps.
Mes frères, mes sœurs en Islam,
Le prêche d’aujourd’hui : la bienfaisance, un très important sujet qui tend
malheureusement à diminuer fortement de nos jours, certains même ignorent sa
signification.
La bienfaisance, est une création d’Allah سبحانه
و تعالى par amour, et perdure
par l’amour des gens.
Allah سبحانه و تعالى, dit dans le saint livre : «Et
dépensez dans le sentier d'Allah. Et ne vous jetez pas par vos propres mains
dans la destruction. Et faites le bien. Car Allah aime les bienfaisants». Al Baqara, V.195
La bienfaisance du musulman, non seulement envers ses semblables, mais
aussi envers les animaux, dans ses relations avec ses voisins, dans sa relation
avec son créateur, peut avoir de bonnes conséquences et être la cause de la
bienfaisance d’Allah سبحانه و تعالى, envers lui dans ce bas monde et dans l’au-delà.
Il est dit :
« Certes, Allah commande l'équité, la bienfaisance
et l'assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l'acte répréhensible
et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez ». Annahl, V. 90
Allah عز و جل, nous commande
dans ce verset d’être équitables et bienfaisant avec ses proches, (et
pas seulement). La bienfaisance c’est prendre son bien et donner ce qu’on doit. La bienfaisance est le
plus haut degré de l’équité, c’est la raison pour laquelle nous demandons à
Allah عز و جل, de nous traiter avec bienfaisance et non avec sa justice, son
équité, car s’Il devait nous juger selon notre mérite, nous serions sans doute,
perdants.
Le summum de la bienfaisance, est de prendre moins de ce qu’on nous doit et
de donner plus que ce que nous devons. La récompense pour un bienfaiteur de la
part d’Allah سبحانه و تعالى, vient de
la racine de ses actes.
« Y a-t-il d'autre récompense pour le bien, que le
bien? » Arrahman, V. 60
Si l’être humain fait du bien, Allah عز و جل, le
récompense bien.
Il est apparu dans le saint coran plusieurs versets qui démontrent la bonté
sur les bienfaiteurs, leur récompense, l’amour et la générosité d’Allah عز و
جل, à leur égard, comme par exemple dans sourate Al Imran aux
versets 133 / 134 :
« Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un
Jardin (paradis) large comme les cieux et la terre, préparé pour les pieux, qui
dépensent dans l'aisance et dans l'adversité, qui dominent leur rage et
pardonnent à autrui - car Allah aime les bienfaisants ».
C’est-à-dire, ceux qui dépensent quand ils sont à l’aise dans leurs
finances et même quand ils sont dans le besoin. Allah عز و
جل, fait également allusion à leur moralité qui les conduira au
Paradis pour leur générosité.
Abi Horayra nous rapporte un hadith du prophète صلى الله
عليه وسلم, disant : « le
généreux est proche d’Allah, proche du Paradis, proche des gens et loin de l’Enfer
et l’avare est loin d’Allah, loin du Paradis, loin des gens et proche de
l’enfer et un ignorant généreux est plus aimé par Allah qu’un croyant
avare ».
Allah سبحانه و تعالى, rajoute dans sourate Al AÂraf, V. 56 : « car la miséricorde d'Allah est proche des bienfaisants ».
Mes chers frères, si nous voulons la miséricorde d’Allah سبحانه
و تعالى, si nous regardons de près et essayons de comprendre les choses
à leur juste valeur, nous comprendrons que la miséricorde d’Allah est partout
et en tout. Elle touche ce qui est moral et ce qui est matériel. Elle se
traduit par la paix, la sérénité, le bonheur, le Paradis et quand la
miséricorde d’Allah سبحانه و تعالى, se traduit par le don : on peut considérer que
par exemple être en bonne santé est une miséricorde, si la pauvreté est un mal,
la suffisance à soi est une miséricorde et si la sècheresse est un mal, la pluie est une miséricorde, de même
que la mésentente conjugale est un mal, le bonheur est une miséricorde et si
les enfants désobéissants sont un mal, les enfants biens, sont une miséricorde
d’Allah سبحانه و تعالى. La miséricorde d’Allah عز و
جل, se traduit dans tout ce qui nous touche de bien et par lequel
on est bien.
Allah سبحانه و تعالى, dit également dans sourate Annahl
au verset 128 :
« Certes, Allah est avec ceux qui [L'] ont craint
avec piété et ceux qui sont bienfaisants ».
Dans ce verset, Allah سبحانه
و تعالى, nous indique que
la piété passe par la crainte d’Allah, ce qui signifie, suivre ses directives
et s’éloigner de ces interdits, ce qui revient à dire, mettre une protection et
des barrières entre soi et le châtiment d’Allah. Allah سبحانه
و تعالى, parle également
du bienfaisant, celui qui s’oblige à adorer Allah عز و
جل, plus que ce qui est impératif ; s’il lui est imposé cinq prières dans la
journée, il fait des naouafils en plus et si le jeûne du Ramadan est imposé, la
bienfaisance c’est aussi jeûner des jours supplémentaires les autres mois de
l’année. Ainsi comme pour la Zakât et tout ce qu’Allah سبحانه
و تعالى nous impose, la bienfaisance c’est donner plus que ce
qui est nécessaire.
Nous constatons que la bienfaisance est le niveau le
plus élevé dans la religion et ceci est confirmé par la réponse donnée par le
prophète صلى الله عليه وسلم,
à la question posée par l’ange Gabriel, paix et salut
sur lui, disant : « la bienfaisance c’est adorer Allah comme si tu
le voyais, si tu ne le vois pas, LUI, te voit ».
C’est-à-dire que tout ce que nous faisons, de bien ou
de mal, est certes vu par Allah سبحانه و تعالى, et de ce fait quand nous faisons plus que ce qui nous est imposé,
la récompense est très grande.
Allah سبحانه و تعالى, commence
dans ces deux versets par nous interdire de lui associer quiconque et de
n’adore que lui, ce qui la base même de la religion, puis Il attire notre
attention sur un aspect particulier ; la grande importance de traiter les
parents avec bienveillance, ceci en les citant juste après l’ordre de n’adorer
que lui. Il dit :
« Et ton Seigneur a décrété: «N'adorez que Lui; et
(marquez) de la bonté envers les père et mère: si l'un d'eux ou tous deux
doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point: «Fi!»
et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. (23) et
par miséricorde, abaisse pour eux l'aile de l'humilité, et dis: «O mon
Seigneur, fais-leur, à tous deux, miséricorde comme ils m'ont élevé tout
petit». Al Isra, V.
23/24.
S’il existait un mot encore plus
faible que « fi », Allah سبحانه و تعالى, l’aurait employé dans le verset.
Celui qui adresse ne serait-ce qu’un mauvais regard à ses parents, a failli
au commandement d’Allah. Qu’en est-il de celui qui les agresse verbalement ou
par un comportement indigne, des fois par une agressivité physique ?
Un homme vint voir le prophète صلى الله عليه وسلم, et lui dit :
-
« je te fais
allégeance et te demande de me permettre de participer à l’émigration et au
jihad, ceci par amour pour Allah ». le prophète
lui répondit :
-
« l’un
de tes parents vit-il encore » ?
-
les deux sont encore en
vie
-
Et tu
désires une récompense d’Allah ?
L’homme répondit :
-
Oui
Alors le prophète صلى الله
عليه وسلم, lui dit :
-
« Retourne
vers tes parents et prends bien soins d’eux ».
Et la bienfaisance avec les pauvres, les nécessiteux et les
malheureux ?
Aïcha, bénie soit-elle, l’épouse du prophète صلى الله
عليه وسلم, raconta : « une femme pauvre, portant deux filles
est venue à moi, alors je lui ai donné trois dattes, elle donna une à chacune
de ses filles, puis portant la troisième à sa bouche pour la manger, ses filles
lui réclamèrent encore à manger ; alors elle coupa la datte en deux et
donna un bout à chacune d’elles. Je fus touchée par la scène et j’ai rapporté
les faits au prophète. Il me répondit : « Allah
lui a prescrit (par ce geste) le Paradis, ou l’a sauvée de l’Enfer ».
Le bienfaisant, récolte le fruit de son action dans ce bas monde, bien
avant l’au-delà.
Ecoutez cette très belle histoire de bienfaisance, racontée par un certain
Ahmed Miskine, l’un des savants du troisième siècle de l’hégire. Il dit :
« J’ai été éprouvé par la pauvreté en l’an deux cent dix-neuf et me
suis trouvé démuni de toute ressource, et j’ai une femme et des enfants. Nous
soufrions de famine, alors j’ai pris la décision de vendre la maison. Pendant
que j’étais dehors cherchant acquéreur, je rencontrai Abou Nasr et lui fis part
de mon projet de la vente de ma maison. Il me donna deux galettes de pain et me
dit d’aller nourrir ma famille. Alors que j’étais en route, je rencontrai une
femme avec un bébé. Elle regarda les deux galettes et me dit : « O
monsieur, cet enfant est orphelin et affamé et il ne peut supporter la faim,
donne lui quelque chose à manger, qu’Allah t’accorde sa miséricorde ». Je
lui tendis les deux galettes et lui
dis : « prends et nourrit ton enfant. Par Allah, je ne possède ni
blanche, ni jaune (c.à.d. ni argent ni or) et dans ma maison il y en a qui ont
plus besoin de ce manger ».
Ahmed Miskine rajoute en parlant de la femme : « ses yeux se
sont emplis de larmes et les yeux de l’enfant brillèrent. Je continuai mon
chemin soucieux, puis m’asseyais m’appuyant contre un mur pensant à la vente de
la maison. Pendant que j’étais dans cet état, je vis Abou Nasr qui passait
comme s’il allait s’envoler de joie. Il me dit :
-
« qu’est ce qui te retient ici, alors que
chez toi il y a des bien et une bonne richesse » ? je répondis :
-
Soubhane Allah !
et d’où ceci O Abou Nasr ?
-
Un homme est venu de
Khirssane, demandant après ton père ou quelqu’un de sa famille, transportant
avec lui de grandes quantités de biens bien lourds et de l’argent.
-
Et qui est-il ?
-
C’est un commerçant d’Al
Basra à qui ton père avait confié de l’argent il y a trente ans. Il a dérapé et
a perdu tous les biens puis il a quitté Al Basra pour s’installer à Khirssane où
son commerce a réussi. Alors il est revenu riche à Al Basra et a voulu purifier
son bien et tout ce que ça a rapporté depuis trente années d’activité.
Ahmed Miskine dit : « je remerciai Allah et cherchai la femme
pauvre et son orphelin jusqu’à ce que je les trouvai et leur fis une bonne offrande.
Et je continue à aider tout nécessiteux et à faire du bien sans que mes biens
ne diminuent en rien».
Quel bel exemple de récompense d’acte de bienfaisance ! Ce qui
confirme, si le besoin s’en ressentait, ou si des incrédules attendaient une
preuve de la véracité du verset qui nous révèle avec quelle générosité Allah سبحانه
و تعالى, récompense les dons et les bienfaiteurs :
« Quiconque viendra avec le bien aura dix fois
autant; et quiconque viendra avec le mal ne sera rétribué que par son
équivalent. Et on ne leur fera aucune injustice ». Al An’am, V. 160
Et dans sourate
Al Baqara au verset 245 :
« Quiconque prête à Allah de bonne grâce, Il le lui
rendra multiplié plusieurs fois. Allah restreint ou étend (Ses faveurs.) Et
c'est à Lui que vous retournerez ».
Aba Horayra, béni soit-il, nous rapporte, à ce sujet, un hadith du prophète
صلى الله عليه وسلم, disant dans des termes proches : « celui
d’entre vous qui excelle dans l’islam, chacune de ses bonnes actions sont
récompensées de dix, à sept cents fois, et toute mauvaise action, n’est
rétribuée que de sa valeur, jusqu’à ce qu’il rencontre Allah ».
Ceci dit, j’implore pour moi-même, comme pour vous, le pardon d’Allah عز و
جل, et sa miséricorde et vous encourage, à faire beaucoup de bien
autour de vous pendant ce mois béni et surtout avec vos proches.
Amine,
wa alhamdou lillah rabbi al âlamine
PRECHE DU VENDREDI 26/06/2014
Mimoun BENHAMMOU
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