vendredi 26 juin 2015

LA BIENFAISANCE


 

« car la miséricorde d'Allah est proche des bienfaisants ».





Louange à Allah, nous le louons, l’implorons et demandons son aide et sa protection contre le mal de nos âmes et nos mauvaises actions. Je témoigne qu’il n y a de divinité qu’Allah, seul sans associé, et que notre guide et bien aimé Mohammad صلى الله عليه وسلم , est son prophète et messager, envoyé comme clémence et miséricorde à toute l’humanité. Paix et salut sur lui, sur ses nobles épouses et ses nobles compagnons ainsi que sur ceux qui suivent sa sounnah, jusqu’à la fin des temps.

Mes frères, mes sœurs en Islam,
Le prêche d’aujourd’hui : la bienfaisance, un très important sujet qui tend malheureusement à diminuer fortement de nos jours, certains même ignorent sa signification.
La bienfaisance, est une création d’Allah سبحانه و تعالى par amour, et perdure par l’amour des gens.
Allah سبحانه و تعالى, dit dans le saint livre : «Et dépensez dans le sentier d'Allah. Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction. Et faites le bien. Car Allah aime les bienfaisants». Al Baqara, V.195
La bienfaisance du musulman, non seulement envers ses semblables, mais aussi envers les animaux, dans ses relations avec ses voisins, dans sa relation avec son créateur, peut avoir de bonnes conséquences et être la cause de la bienfaisance d’Allah سبحانه و تعالى,  envers lui dans ce bas monde et dans l’au-delà.
Il est dit :
« Certes, Allah commande l'équité, la bienfaisance et l'assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l'acte répréhensible et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez ». Annahl, V. 90
Allah عز و جل, nous commande dans ce verset d’être équitables et bienfaisant avec ses proches, (et pas seulement). La bienfaisance c’est prendre son bien et donner ce qu’on doit. La bienfaisance est le plus haut degré de l’équité, c’est la raison pour laquelle nous demandons à Allah عز و جل, de nous traiter avec bienfaisance et non avec sa justice, son équité, car s’Il devait nous juger selon notre mérite, nous serions sans doute, perdants.
Le summum de la bienfaisance, est de prendre moins de ce qu’on nous doit et de donner plus que ce que nous devons. La récompense pour un bienfaiteur de la part d’Allah سبحانه و تعالى, vient de la racine de ses actes.
« Y a-t-il d'autre récompense pour le bien, que le bien? » Arrahman, V. 60
Si l’être humain fait du bien, Allah عز و جل, le récompense bien.
Il est apparu dans le saint coran plusieurs versets qui démontrent la bonté sur les bienfaiteurs, leur récompense, l’amour et la générosité d’Allah عز و جل, à leur égard, comme par exemple dans sourate Al Imran aux versets 133 / 134 :
« Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un Jardin (paradis) large comme les cieux et la terre, préparé pour les pieux, qui dépensent dans l'aisance et dans l'adversité, qui dominent leur rage et pardonnent à autrui - car Allah aime les bienfaisants ».
C’est-à-dire, ceux qui dépensent quand ils sont à l’aise dans leurs finances et même quand ils sont dans le besoin. Allah عز و جل, fait également allusion à leur moralité qui les conduira au Paradis pour leur générosité.
Abi Horayra nous rapporte un hadith du prophète صلى الله عليه وسلم, disant : « le généreux est proche d’Allah, proche du Paradis, proche des gens et loin de l’Enfer et l’avare est loin d’Allah, loin du Paradis, loin des gens et proche de l’enfer et un ignorant généreux est plus aimé par Allah qu’un croyant avare ».
Allah سبحانه و تعالى,  rajoute dans sourate Al AÂraf, V. 56 : « car la miséricorde d'Allah est proche des bienfaisants ».
Mes chers frères, si nous voulons la miséricorde d’Allah سبحانه و تعالى, si nous regardons de près et essayons de comprendre les choses à leur juste valeur, nous comprendrons que la miséricorde d’Allah est partout et en tout. Elle touche ce qui est moral et ce qui est matériel. Elle se traduit par la paix, la sérénité, le bonheur, le Paradis et quand la miséricorde d’Allah سبحانه و تعالى,  se traduit par le don : on peut considérer que par exemple être en bonne santé est une miséricorde, si la pauvreté est un mal, la suffisance à soi est une miséricorde et si la sècheresse est  un mal, la pluie est une miséricorde, de même que la mésentente conjugale est un mal, le bonheur est une miséricorde et si les enfants désobéissants sont un mal, les enfants biens, sont une miséricorde d’Allah سبحانه و تعالى. La miséricorde d’Allah عز و جل, se traduit dans tout ce qui nous touche de bien et par lequel on est bien.
Allah سبحانه و تعالى, dit également dans sourate Annahl au verset 128 :
« Certes, Allah est avec ceux qui [L'] ont craint avec piété et ceux qui sont bienfaisants ».  
Dans ce verset, Allah سبحانه و تعالى,  nous indique que la piété passe par la crainte d’Allah, ce qui signifie, suivre ses directives et s’éloigner de ces interdits, ce qui revient à dire, mettre une protection et des barrières entre soi et le châtiment d’Allah. Allah سبحانه و تعالى,  parle également du bienfaisant, celui qui s’oblige à adorer Allah عز و جل, plus que ce qui est impératif ;  s’il lui est imposé cinq prières dans la journée, il fait des naouafils en plus et si le jeûne du Ramadan est imposé, la bienfaisance c’est aussi jeûner des jours supplémentaires les autres mois de l’année. Ainsi comme pour la Zakât et tout ce qu’Allah سبحانه و تعالى nous impose, la bienfaisance c’est donner plus que ce qui est nécessaire.
Nous constatons que la bienfaisance est le niveau le plus élevé dans la religion et ceci est confirmé par la réponse donnée par le prophète صلى الله عليه وسلم,  à la question posée par l’ange Gabriel, paix et salut sur lui, disant : « la bienfaisance c’est adorer Allah comme si tu le voyais, si tu ne le vois pas, LUI, te voit ».
C’est-à-dire que tout ce que nous faisons, de bien ou de mal, est certes vu par Allah سبحانه و تعالى, et de ce fait quand nous faisons plus que ce qui nous est imposé, la récompense est très grande.
Allah سبحانه و تعالى,  commence  dans ces deux versets par nous interdire de lui associer quiconque et de n’adore que lui, ce qui la base même de la religion, puis Il attire notre attention sur un aspect particulier ; la grande importance de traiter les parents avec bienveillance, ceci en les citant juste après l’ordre de n’adorer que lui. Il dit :
« Et ton Seigneur a décrété: «N'adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et mère: si l'un d'eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point: «Fi!» et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. (23) et par miséricorde, abaisse pour eux l'aile de l'humilité, et dis: «O mon Seigneur, fais-leur, à tous deux, miséricorde comme ils m'ont élevé tout petit». Al Isra, V. 23/24.
 S’il existait un mot encore plus faible que « fi », Allah سبحانه و تعالى,  l’aurait employé dans le verset.
Celui qui adresse ne serait-ce qu’un mauvais regard à ses parents, a failli au commandement d’Allah. Qu’en est-il de celui qui les agresse verbalement ou par un comportement indigne, des fois par une agressivité physique ?
Un homme vint voir le prophète صلى الله عليه وسلم,  et lui dit :   
-        « je te fais allégeance et te demande de me permettre de participer à l’émigration et au jihad, ceci par amour pour Allah ». le prophète lui répondit :
-        « l’un de tes parents vit-il encore » ?
-        les deux sont encore en vie
-        Et tu désires une récompense d’Allah ?
L’homme répondit :
-        Oui
Alors le prophète صلى الله عليه وسلم,  lui dit :
-        « Retourne vers tes parents et prends bien soins d’eux ».
Et la bienfaisance avec les pauvres, les nécessiteux et les malheureux ?
Aïcha, bénie soit-elle, l’épouse du prophète صلى الله عليه وسلم, raconta : « une femme pauvre, portant deux filles est venue à moi, alors je lui ai donné trois dattes, elle donna une à chacune de ses filles, puis portant la troisième à sa bouche pour la manger, ses filles lui réclamèrent encore à manger ; alors elle coupa la datte en deux et donna un bout à chacune d’elles. Je fus touchée par la scène et j’ai rapporté les faits au prophète. Il me répondit : « Allah lui a prescrit (par ce geste) le Paradis, ou l’a sauvée de l’Enfer ».
Le bienfaisant, récolte le fruit de son action dans ce bas monde, bien avant l’au-delà.
Ecoutez cette très belle histoire de bienfaisance, racontée par un certain Ahmed Miskine, l’un des savants du troisième siècle de l’hégire. Il dit :
« J’ai été éprouvé par la pauvreté en l’an deux cent dix-neuf et me suis trouvé démuni de toute ressource, et j’ai une femme et des enfants. Nous soufrions de famine, alors j’ai pris la décision de vendre la maison. Pendant que j’étais dehors cherchant acquéreur, je rencontrai Abou Nasr et lui fis part de mon projet de la vente de ma maison. Il me donna deux galettes de pain et me dit d’aller nourrir ma famille. Alors que j’étais en route, je rencontrai une femme avec un bébé. Elle regarda les deux galettes et me dit : « O monsieur, cet enfant est orphelin et affamé et il ne peut supporter la faim, donne lui quelque chose à manger, qu’Allah t’accorde sa miséricorde ». Je lui tendis les deux galettes  et lui dis : « prends et nourrit ton enfant. Par Allah, je ne possède ni blanche, ni jaune (c.à.d. ni argent ni or) et dans ma maison il y en a qui ont plus besoin de ce manger ».
Ahmed Miskine rajoute en parlant de la femme : « ses yeux se sont emplis de larmes et les yeux de l’enfant brillèrent. Je continuai mon chemin soucieux, puis m’asseyais m’appuyant contre un mur pensant à la vente de la maison. Pendant que j’étais dans cet état, je vis Abou Nasr qui passait comme s’il allait s’envoler de joie. Il me dit :
-         « qu’est ce qui te retient ici, alors que chez toi il y a des bien et une bonne richesse » ?  je répondis :
-        Soubhane Allah ! et d’où ceci O Abou Nasr ?
-        Un homme est venu de Khirssane, demandant après ton père ou quelqu’un de sa famille, transportant avec lui de grandes quantités de biens bien lourds et de l’argent.
-        Et qui est-il ?
-        C’est un commerçant d’Al Basra à qui ton père avait confié de l’argent il y a trente ans. Il a dérapé et a perdu tous les biens puis il a quitté Al Basra pour s’installer à Khirssane où son commerce a réussi. Alors il est revenu riche à Al Basra et a voulu purifier son bien et tout ce que ça a rapporté depuis trente années d’activité.
Ahmed Miskine dit : « je remerciai Allah et cherchai la femme pauvre et son orphelin jusqu’à ce que je les trouvai et leur fis une bonne offrande. Et je continue à aider tout nécessiteux et à faire du bien sans que mes biens ne diminuent en rien».
Quel bel exemple de récompense d’acte de bienfaisance ! Ce qui confirme, si le besoin s’en ressentait, ou si des incrédules attendaient une preuve de la véracité du verset qui nous révèle avec quelle générosité Allah سبحانه و تعالى, récompense les dons et les bienfaiteurs :
« Quiconque viendra avec le bien aura dix fois autant; et quiconque viendra avec le mal ne sera rétribué que par son équivalent. Et on ne leur fera aucune injustice ». Al An’am, V. 160
Et dans sourate Al Baqara au verset 245 :
« Quiconque prête à Allah de bonne grâce, Il le lui rendra multiplié plusieurs fois. Allah restreint ou étend (Ses faveurs.) Et c'est à Lui que vous retournerez ».
Aba Horayra, béni soit-il, nous rapporte, à ce sujet, un hadith du prophète صلى الله عليه وسلم, disant dans des termes proches : « celui d’entre vous qui excelle dans l’islam, chacune de ses bonnes actions sont récompensées de dix, à sept cents fois, et toute mauvaise action, n’est rétribuée que de sa valeur, jusqu’à ce qu’il rencontre Allah ».
Ceci dit, j’implore pour moi-même, comme pour vous, le pardon d’Allah عز و جل, et sa miséricorde et vous encourage, à faire beaucoup de bien autour de vous pendant ce mois béni et surtout avec vos proches.
 Amine,  wa alhamdou lillah rabbi al âlamine
PRECHE DU VENDREDI 26/06/2014
Mimoun BENHAMMOU

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