vendredi 9 octobre 2015

LA CONFIANCE, LA LOYAUTE’




La confiance, la loyauté ou la fidélité est le capital de l’être humain, le secret de sa réussite et la source de son bonheur.


Louange à Allah le miséricordieux et paix et salut sur son messager, notre prophète Mohamed صلى الله عليه وسلم et sur ses nobles épouses, mères des musulmans et sur ses généreux compagnons
Mes chers frères, mes sœurs en islam, nous parlerons aujourd’hui de  ‘’AL AMANAH’’ Mot arabe qui peut se traduire par confiance, qui vient du verbe confier ou encore dépôt sacré et qui peut englober les mots : assurance, conscience, ou encore honnêteté  et fidélité.
Un homme est venu voir le prophète (PSL) et lui demande de lui dire ce qu’est la confiance. Le prophète (PSL) lui répond : « si la confiance se perd, alors attends-toi à la fin (c.à.d. la fin du monde). L’homme demande : « et comment la perdre o Messager d’Allah ? ». Il dit (PSL) : « si les décisions sont confiées aux n’ayant pas droit, attends-toi à la fin ».
C’est-à-dire, donner des responsabilités, mettre quelqu’un à des postes où il doit décider alors qu’il n’est pas digne de confiance, élire des gens à la tête d’un gouvernement ou d'organisations tout en sachant que ces gens ne respectent pas le droit des autres, alors c’est la fin de tout.
La perte de confiance est un signe de la perte de la foi et la diminution dans la religion. Le prophète (PSL) dit : « n’a pas de foi, celui en qui on ne peut avoir confiance, et n’a pas de religion, celui qui n’a pas de parole ». Rapporté par Al Bokhari.
La confiance ou la fidélité est le capital de l’être humain, le secret de sa réussite et la source de son bonheur.
La confiance, ne veut pas dire seulement croire en quelqu’un ou en son honnêteté mais aussi prendre soin et rendre ce qu’on vous a confié c’est-à-dire un bien, une somme d’argent, et aussi une multitude de choses : par exemple la prière, le jeûne, l’offrande, le secret sont des choses qui ont été confiées. Allah (SWT), nous a confié les prières, le jeûne, et un corps et nous en sommes responsables. Il faut qu’on en prenne soin et qu’on s’en acquitte de la meilleure façon qui plaise à Allah. De même, quelqu’un qui vous confie un secret doit être assuré de votre silence, ou s’il vous confie une somme d’argent, ou un enfant, et croit en votre bonne conscience, il doit, être assuré de retrouver ce qu’il vous a confié.
De même, notre corps et chacun de ses membres, sont un don qu’Allah (SWT), nous a confié pour qu’on en prenne soin. La confiance est la gardienne de l’ouïe, un contrôle de tout ce que nos yeux regardent et une suite de l’action du cœur.
Allah (SWT), dit dans le saint coran : [17 \ 36]                        
« De l'ouïe, de la vue et du cœur, de tout cela il faudra répondre ».
Par ce verset Allah (SWT), nous met en garde, nous prévenant que nous devrons payer nos péchés commis par les yeux qui ont regardé ce qui est interdit, ce que nous ne devions pas écouter avec nos oreilles et ce que nous avons emmagasiné dans nos cœurs comme péchés et mauvais sentiments envers les autres : la haine, le rabaissement, la jalousie, etc….
Et le prophète (PSL) de rajouter, selon Abi Horayra
« Le musulman est celui que les musulmans ne craignent ni sa langue, ni sa main et le pieux est celui à qui les gens peuvent confier leur sang et leur biens »
Par ce hadith, le prophète (PSL) nous explique que le musulman ne peut faire de mal à un autre musulman, ni physiquement ni moralement et le pieux est celui en qui les gens peuvent avoir confiance, qu’il ne volera pas ce qu’ils lui ont confié, ni répètera par tout, ce qu’il a vu ou entendu et qui n’est une menace ni pour leur honneur, ni pour leur vie.
La confiance, c’est le respect et l’instauration des règles Divines dans la vie de l’être humain.
Allah (SWT), dit dans sourate Al Haj, V. 41 :
« Ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur terre, accomplissent la Salât, acquittent la Zakât, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable ».
Grace à toutes ces choses confiées, ces dons sacrés, Allah (SWT), nous a honoré, nous, êtres humains et a mis à notre service les cieux et la terre et il nous a doté de la raison pour constater sa présence et de la conscience pour nous guider vers lui.
La salat est un don sacré, confié, tout comme la zakat, ou le jeûne, si l’homme la perd, c’est qu’il peut tout perde.
Anas Ibn Malik (qui servait beaucoup le prophète (PSL)) pleura quand il vit que du temps de Al Hajjaj on délaissait la prière, c’est-à-dire qu’on n’en prenait pas soin, comme l’a rapporté Al Bokhari.  
Azzohri, raconte : « je suis allé voir Anas Ibn Malik à Damas et le trouvais entrain de pleurer, alors je lui demandai ce qui le mettait dans cet état, il me dit : « je ne vois plus rien de ce que je connais à part la salat, et cette salat est en train de se perdre »
Anas Ibn Malik s’inquiétait car beaucoup de choses qu’il connaissait du temps du prophète (PSL) avaient été modifiées à par la prière, et celle-ci était en train d’être modifiée à son tour.
La langue, la main, le pied, le sexe, le ventre et autres membres du corps, sont des organes confiés auxquels nous devons faire très attention pour qu’ils ne soient pas des témoins à charges contre nous le jour du jugement dernier.
Allah (SWT), dit dans sourate ANNOUR V. 24 :    
« Le jour où leurs langues, leurs mains et leurs pieds se porteront témoins contre eux au sujet de leurs agissements »
Donc le jour du jugement dernier, la langue pour ce qu’elle a dit, les mains pour ce qu’elles ont fait, les pieds pour les endroits visités, les oreilles pour ce qu’elles écoutaient, et les autres organes du corps, témoigneront en faveur ou contre l’être humain selon ses agissements. Nous ne pourrons ni cacher, ni nier nos mauvaises actions, car ce seront les membres de notre corps qui parleront par la volonté d’Allah (SWT), et dévoileront tout ce que nous avons fait tout au long de notre vie.
De même, l’âme de l’être humain est un don sacré qui nous a été confié, elle doit être soumise au service de son créateur.
La confiance, c’est aussi prendre soin de ses parents, prendre soin de ce qui a été confié, qu’il s’agisse des biens des musulmans ou de leur honneur ou religion.
A l’exemple des trois personnes bloquées dans une grotte par un énorme rocher, qui évoquaient à tour de rôle leurs bonnes actions pour qu’Allah (SWT), les sauves au vu de ce qu’elles ont fait.
 L’une des personnes, un berger, raconta comment il prenait soin de ses parents, qu’il nourrissait et leur donnait à boire avant tout le monde. Il parla du jour où il est rentré tard le soir, il avait trait les brebis et alla donner à boire le lait à ses parents, mais ceux-ci dormaient déjà. Pour ne pas les réveiller, il passa la nuit debout à attendre leur réveil, alors que ses enfants pleuraient car ils avaient faim et voulaient du lait. Ce n’est qu’au petit matin qu’ils se réveillèrent et ils burent le lait. Le berger invoqua Allah (SWT), par rapport à son comportement avec ses parents et le rocher se déplaça un peu.
Le deuxième homme dit : « Seigneur Allah, j’avais une très belle cousine que j’aimais énormément et à qui je faisais des avances, mais elle avait toujours refusé. A une période difficile elle me demanda mon aide, j’ai accepté de l’aider à condition qu’elle cède à mes avances. N’ayant pas le choix, elle accepta. Je lui ai promis une certaine somme en pièces d’or, puis quand j’ai voulu abuser d’elle, elle me dit : « crains Allah et ne me touche que selon les règles sacrées du mariage ». Alors je me suis éloigné d’elle, tout en lui remettant ce que je lui avais promis. O Allah, si j’ai fait ça par amour pour toi libère-nous de cette prison ». Le rocher s’écarta encore un peu mais pas assez pour qu’ils puissent sortir.
Le troisième dit : « j’ai pris des salariés que je payais, sauf un qui est parti avant que je le paye. J’ai fait travailler son argent, jusqu’à ce qu’il devienne une grande fortune. Quelques temps après, l’homme est venu me voir pour réclamer son salaire. Je lui ai montré un groupe de chameaux, de bovins et d’ovins (c.à.d. vaches et moutons) et lui dit de les prendre car s’était le produit de son salaire. L’homme tout heureux, prit son bien et s’en alla. Seigneur Allah, si j’ai fait ça par amour pour toi, alors sors-nous de cette prison ».
Le rocher s’écarta entièrement et les trois hommes purent sortir.
Cette histoire rapportée par Al Bokhari et Mouslim, nous démontre comment le respect des parents, le respect de l’honneur des autres et l’honnêteté peuvent, tout en nous rapprochant d’Allah (SWT), nous sortir de situations difficiles.
La confiance, qui est l’opposé de la trahison, fait partie de la sécurité. Les gens doivent se sentir en confiance avec le musulman, ne craignant ni pour leurs biens, ni pour leur honneur, ni même pour leurs vies.
L’épouse, le voisin, le collègue de travail, ton ami de tous les jours, ne doivent pas craindre une trahison de ta part. Qu’ils te confient, leurs biens, leur famille ou un secret, ils doivent compter sur ta loyauté et ta fidélité.
On entendit le prophète (PSL) dire : « par Allah, il ne peut être croyant, par Allah, il ne peut être croyant, par Allah, il ne peut être croyant ». On lui demande : « qui, O Messager d’Allah ? Il dit : « celui à qui son voisin ne peut faire confiance ».
Le prophète (PSL) se promenant un jour dans un marché, mit sa main profondément dans un récipient contenant du blé et la ressortie humide. Il dit au vendeur : « qu’est-ce que c’est, o marchand ? Le marchand répondit : « c’est venu du ciel, O Messager d’Allah », c’est-à-dire qu’il a été mouillé par la pluie. Le prophète (PSL) lui dit : « pourquoi ne le mets-tu pas dessus pour que les gens le voient ? Celui qui triche, n’est  pas des nôtres ». Rapporté par Abi Horayra.
Le jour du jugement dernier, au moment de traverser assirate, c’est-à-dire le pont qui passe au-dessus de l’Enfer pour aller au Paradis, Al amanah et le lien du sang se mettront de chaque côté de la personne pour la guider et chaque fois que la personne a trahi une confiance, al amanah  se précipite au fond de l’Enfer et l’homme la suit pour essayer de la rattraper. Quand elle arrive au fond, elle remonte et l’homme la suit. Et c’est des montées et des descentes à chaque trahison. Quant au lien du sang, il déséquilibre les pieds de la personne qui avait coupé les liens avec les siens.
Allah (SWT), dit dans sourate Al Anfal, V.27 :
« O vous qui croyez : Ne trahissez pas Allah et le Messager. Ne trahissez pas sciemment la confiance qu’on a placée en vous ».
Mes chers frères, rendez ce qui vous a été confié, respectez les directives d’Allah (SWT), et soyez digne de confiance. Si on vous confie un secret, ne le divulguez pas, si vous voyez des choses chez les gens, ne le rapportez pas, veillez à soigner vos prières et vos agissements pour éviter de rendre compte un jour où on aura besoin de la plus petite hassana. Qu’Allah nous pardonne nos péchés et nos erreurs.


Vendredi 09/10/2015 

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